IDENTIFICATION
👩💻 Auteur de l’activité – Lucile Hollingue
🏫 Niveau – 3ème.
📚 Géographie. Thème 1. Dynamiques territoriales de la France contemporaine.
Chapitre 3 : Les espaces de faible densité en France.
Travail individuel.
🕔 Durée – 2h en salle informatique (ou avec une classe mobile) + 1h de mise en commun (Possibilité de poursuivre le travail de création final à la maison)
OBJECTIFS PÉDAGOGIQUES
❓ Problématique – En quoi l’IA peut-elle faciliter et enrichir les apprentissages en Géographie ? Et en quoi l’utilisation de l’IA en classe peut-elle amener nos élèves à un usage critique et raisonné de cet outil ?
⚙️ Compétences travaillées.
- D1 : Lire et comprendre. Ecrire.
- D2 : Mobiliser des outils numériques pour apprendre, échanger, communiquer+ Rechercher et traiter l’information.
- D3. Exercer son esprit critique, faire preuve de réflexion et de discernement.
👩💻 Compétences numériques (CRCN).
- 1. Information et données : mener une recherche et traiter des données.
- 3. Création de contenus.
- 4. Protection et sécurité.
- 5. Environnement numérique : évoluer dans un environnement numérique.
PRÉSENTATION DE L’ACTIVITE
A partir d’un Genially, les élèves découvrent la notion d’espace de faible densité puis localisent et situent l’espace étudié, à savoir la Creuse. Ils en découvrent ensuite les différents aspects par des recherches faites avec l’IA (ex : recherches de chiffres avec un assistant IA, interview d’un habitant de la Creuse avec Mizou). Le travail s’appuie également sur des photographies et un reportage vidéo afin de croiser les sources d’information et d’amener les élèves à porter un regard critique sur les productions générées par l’IA. Cette démarche leur permet de confronter les représentations proposées par les outils d’IA à la réalité du territoire étudié, d’identifier d’éventuelles approximations ou erreurs et de développer leur raisonnement géographique.
Ils complètent en parallèle une fiche élève au format papier sur les caractéristiques, les contraintes, les atouts et la revitalisation de cet espace.
Enfin, les élèves se voient confier une mission, celle d’aider cet espace à se revitaliser par la création d’une affiche à l’aide de l’IA. 3 thèmes au choix leur sont proposés : tourisme vert/écotourisme, agriculture (bio, à label…) ou le logement.
Cette activité est suivie d’une séance de mise en commun au cours de laquelle les travaux des élèves sont présentés, comparés, analysés afin d’échanger sur les différents aspects et enjeux de l’IA. Cette séance suscite donc des échanges avec les élèves sur l’IA et sur le raisonnement géographique.
👉Le Genially
👉La fiche élève
ANALYSE DU SCÉNARIO
Tout au long de cette activité, les élèves se voient donc proposer plusieurs outils d’IA gratuits et sans compte. Cela leur permet d’être orientés vers des outils RGPD afin de sécuriser leurs usages en classe mais aussi quand ils seront seuls à la maison. Pour Mizou, l’usage est lié au compte du professeur auquel les élèves se connectent avec leur prénom et la 1ère lettre de leur nom, afin de protéger leurs données. Cette activité permet également d’engager une réflexion sur l’origine et les spécificités des différents outils d’IA utilisés (par exemple Grok, développé par l’entreprise xAI d’Elon Musk, ou Mistral AI, entreprise française). Il est intéressant de constater que les élèves se tournent plus spontanément vers ChatGPT, outil qu’ils connaissent généralement déjà à travers leurs usages personnels.
La manipulation de ces outils permet également aux élèves d’être confrontés aux limites de l’IA et de susciter un esprit critique, pour développer un usage plus raisonné.
Première limite : certaines IA ont un nombre limité de requêtes ce qui fait que les élèves peuvent se retrouver bloqués. Dans certains cas, les outils ne fonctionnent pas (saturation, blocage par le réseau…). D’où l’intérêt ici de diversifier les outils.
Seconde limite : les élèves découvrent que s’ils ne formulent pas correctement et précisément leur requête, l’IA n’y répondra pas ou répondra de façon erronée (ex : des élèves n’ont pas précisé dans leur recherche qu’il s’agissait de la Creuse et ont obtenu des informations générales ou même sur d’autres territoires).
De plus, avec un même assistant IA, les élèves ont constaté que la même question formulée différemment n’amenait pas à la même réponse (par exemple sur Chat GPT des élèves ont obtenu environ 20 hab/km² pour la Creuse et d’autres un chiffre précis de 21,45 hab/km²).
Cette activité amène donc aussi tout une prise de conscience des élèves sur le questionnement, le prompt, mais aussi sur les sources.
Autre constat fait par les élèves : l’IA ne peut pas faire tout ce que je lui demande et faire tout le travail à ma place. Elle n’est pas infaillible et peut se tromper. Cela leur montre qu’ils doivent intervenir, pour bien cibler leur sujet (mots-clés et notions attendus), vérifier le travail de l’IA (doublons, erreurs, fautes d’orthographe…), le corriger, l’améliorer… Ici certains s’attendaient à ce que l’IA leur donne directement la réponse sans qu’ils aient à réfléchir, mais ils se sont rendus compte qu’ils devaient quand même lire et analyser la réponse de l’IA pour prélever les mots à noter sur leur carte mentale. D’autres au contraire ont davantage réfléchi et anticipé les limites de l’IA. Pour éviter les erreurs de l’IA sur « l’image » plusieurs élèves ont d’eux-mêmes utilisés Google Maps afin d’observer la Creuse et de récupérer des images authentiques, dont des vues qu’ils n’auraient pas eu avec Google image ou avec l’IA. D’autres élèves ont combiné plusieurs applications pour faire leur affiche afin d’avoir davantage la main sur leur production. Dans le sondage réalisé à la suite de cette activité, les élèves ont évoqué à plusieurs reprises le fait que les réponses générées par l’IA et les sources ne sont « pas toujours fiables » et même que cela « ne remplace pas l’intelligence humaine », « ne fait pas aussi bien qu’un humain ». Ils évoquent aussi le problème des nombreuses fautes d’orthographe. Ils sont donc conscients de ces limites.
Cette activité amène aussi les élèves à choisir leur IA selon leurs besoins. Ici beaucoup d’élèves sont allés vers ChatGPT mais ce n’est pas forcément l’IA qui a le mieux fonctionné dans tous les sens du terme. De plus, ils se sont rendus compte que Mizou leur apportait « plus facilement » des réponses, car en raison de son paramétrage par le professeur, il répond mieux à leur demande même s’ils ne formulent pas bien.
A travers cette activité l’enseignant peut enfin amener les élèves à s’interroger sur les enjeux environnementaux de ces usages (ex : par le biais d’une confrontation entre Google et ChatGPT). D’ailleurs dans le sondage réalisé et lors des échanges en classe, plusieurs élèves ont fait référence à cela : « il faut l’utiliser avec modération car elle pollue, consomme beaucoup d’eau », « pas écologique », « polluant », « a un grand impact écologique sur notre environnement ». Certains évoquent même les conséquences sociales avec les répercussions sur les emplois : « l’ia va devenir une source de problèmes pour les emplois dans le futur ». Enfin, ils s’interrogent sur les enjeux éthiques avec par exemple « beaucoup de gens en abusent et peuvent détourner des informations ».
Dans un autre domaine, le recours à l’IA est un atout ici, car il permet d’accéder à des informations actualisées (contrairement aux manuels scolaires parfois datés).
Cette activité constitue également un levier pour diversifier les pratiques pédagogiques et favoriser l’engagement des élèves dans les apprentissages. L’usage de l’IA facilite par ailleurs l’accès à l’information et l’entrée dans les tâches demandées. Les élèves bénéficiant d’un PAP ont ainsi pu réaliser l’activité sans difficulté particulière pour interroger les outils d’IA ; en cas de besoin, le recours à la commande vocale aurait également permis d’adapter davantage l’activité aux besoins de certains élèves dans une logique de différenciation pédagogique.
Par ailleurs, plusieurs élèves habituellement en retrait dans le travail scolaire se sont investis dans la tâche et l’ont menée à son terme avec autonomie. Les retours recueillis dans le sondage mettent en avant une perception globalement positive de ces outils, qualifiés notamment de « pratiques », « efficaces », « simples » ou encore « riches en informations ». Les élèves soulignent également la rapidité d’accès aux informations ainsi que l’aide apportée à la compréhension des notions travaillées.
Enfin, d’une façon plus générale, cette activité est l’occasion de faire progresser les élèves dans l’utilisation du numérique (faire une recherche en ligne, réaliser une production…) et de leur environnement numérique de travail (espace élève Pronote, documents et casier sur l’ENT…).
83% des élèves ont aimé cette activité. Plus de la moitié des élèves a trouvé cela plus facile qu’une activité classique (ex : étude de documents papier), environ 1/3 du même niveau de difficulté, et 9% ont trouvé cela plus difficile. Globalement les élèves ont apprécié l’utilisation de l’IA. Beaucoup considèrent que cela leur apporté une aide et les a aidés à mieux comprendre. Ils indiquent apprécier la clarté des réponses. Certains évoquent un gain de temps et apprécient sa facilité d’utilisation. Ils parlent aussi d’originalité et de créativité, notamment pour la création d’images. Quelques élèves avouent être moins à l’aise avec ces outils, avoir parfois du mal à comprendre ce que « dit » l’IA ou encore, 1 élève a eu l’impression de tricher en utilisant l’IA.
Cette activité vise ainsi à développer chez les élèves une réflexion critique sur les usages de l’intelligence artificielle et à leur faire acquérir des pratiques raisonnées dans son utilisation. L’objectif est de leur montrer que l’IA peut constituer une aide au travail et aux apprentissages, à condition d’être utilisée avec discernement, et non comme un simple outil de contournement des attendus scolaires. Cette démarche permet également de poser un cadre d’usage clair, directement articulé aux enjeux et aux méthodes propres à l’Histoire-Géographie.
