Comment la culture artistique au cœur des arts plastiques permet-elle à l’élève de mieux comprendre l’histoire et le monde dans lequel il vit ?
« En arts plastiques, analyser (dans des complexités progressives selon les cycles) c’est être capable de :
- Décrire : voir, regarder, observer, repérer un certain nombre de composants plastiques que l’on va ensuite savoir identifier, nommer en termes précis.
- Mettre en relation, déduire : l’observation et la description ne peuvent à elles seules constituer une analyse. Pour qu’il y ait véritablement analyse, il importe que le relevé des différents signifiants plastiques soit articulé à leur signifié, au sens qu’ils génèrent de façon à mettre en évidence une problématique liée à l’œuvre dont il est question.
- Savoir situer : situer l’œuvre dans son contexte historique, la positionner éventuellement dans l’évolution de la démarche de l’artiste ainsi que dans un développement chronologique plus large (préfiguration d’un mouvement artistique ou prolongements, etc.).
- Savoir argumenter (démontrer) par des moyens visuels : l’élaboration de croquis peut étayer la description et l’argumentation. Ces croquis procèdent aussi du transfert d’acquis plastiques dans une situation d’observation, d’étude, d’analyse d’un “objet d’étude” (œuvre, situation plastique, spatiale…). Ils ne doivent cependant pas constituer un discours inutilement redondant ; ils sont un contrepoint, un appui, par rapport au discours oral ou écrit. »
Ressource Eduscol « Des expériences aux connaissances : principes et modalités de l’élaboration et mise en œuvre des apprentissages dans l’enseignement des arts plastiques », mai 2021.

Hubert ROBERT, Projet d’aménagement de la Grande Galerie du Louvre, 1796 (Louvre)
Hubert Robert imagine le musée comme lieu de transmission publique et d’organisation savante. La mise en scène des œuvres, l’architecture et la circulation proposée traduisent une véritable écriture muséographique, où l’espace devient outil pédagogique et symbolique.
Lorsque le tableau fut présenté au Salon de 1796, la Grande Galerie venait de fermer pour travaux. Il n’évoque donc pas la réalité, mais constitue un capricci. Bien qu’imaginaire, il s’inscrit dans l’actualité. Abandonné par Louis XIV, le palais du Louvre avait fait l’objet de plusieurs aménagements. Il abritait notamment les académies. Face à son délabrement, dénoncé par les philosophes, des travaux furent entamés sous Louis XV. Parallèlement germait l’idée d’y créer un muséum. Alors que la salle des Antiques et la Grande Galerie constituaient déjà un petit musée, une politique d’acquisition d’œuvres nouvelles fut entamée sous Louis XVI et une série de sculptures représentant les hommes illustres commandée. H. Robert, membre de la commission du futur musée dès 1778 et garde (conservateur) des tableaux du Roi à partir de 1784, avait participé activement à la réflexion sur l’aménagement de la Grande Galerie destinée à accueillir les chefs-d’œuvre des collections royales, proposant un éclairage zénithal.
Questionnements possibles à aborder avec les élèves :
- En quoi les œuvres offrent-elles un regard éclairé sur l’époque de leur création ?
- Quel est le degré de relations de l’œuvre d’art avec l’histoire ?
- Comment l’histoire s’est-elle transmise au fil des siècles par l’intermédiaire de l’art ?
- Une œuvre peut-elle raconter un événement historique ?
- Quel est le rôle de l’artiste face à l’histoire, à l’actualité ?
- Comment l’œuvre peut-elle raconter une histoire intime à partir de l’histoire universelle ?
- En quoi l’œuvre d’art s’inscrit-elle en filiation ou en rupture avec l’Histoire ?
- Comment les musées et les monuments racontent-ils l’histoire des hommes ?
- Quelles relations entretiennent les outils et les formes ?
- Comment l’art accompagne-t-il les grands évènements de la vie privé et publique ?
- Comment les savoir-faire techniques sont-ils au service de la compréhension des récits mythologiques ou de création ?
- Comment l’art exprime-t-il les techniques et les technologies de son époque ?
- En quoi l’art est-il un matériau qui véhicule un imaginaire collectif ?
- En quoi les enluminures, dans le livre médiéval, révèlent-elles le sens du texte ?
- Comment les modèles et les formes antiques se transmettent-ils et se diffusent-ils au Moyen Âge et à la Renaissance ?
- Qu’est-ce que l’Orient pour l’Occident médiéval ?
- Du XVIIe à la fin du XIXe siècle, comment les artistes représentent- ils les transformations de la société, des modes de vie et des mentalités ?
- Comment le statut des artistes se transforme-t-il ?
- En quoi les progrès scientifiques et techniques transforment-ils la création artistique ?
- Quels sont les liens entre la création artistique et les avancées techniques ?
- Comment la reproductibilité technique contribue-t-elle à la création artistique ?
- Comment la machine et le numérique deviennent-ils artistiques des matériaux artistiques à part entière ?
- Comment les arts du quotidien détournent-ils et s’approprient-ils les œuvres du passé ?
- Comment la création artistique s’empare-t-elle de l’histoire de l’art au XXe siècle, des avant-gardes à la postmodernité ?
- Comment les artistes représentent- ils les femmes entre le XVIIe et la fin du XIXe siècle ?
- Quelle place se construisent les femmes artistes dans l’histoire des arts ?
- Quelle image les artistes donnent-ils des peuples extra-européens et de leur culture à partir du XVIIe siècle ?
Notions satellites en jeu :
Statut de l’œuvre, styles, filiation-rupture, copie, hommage, parodie, art contextuel, critique, salon, musée, galerie, archéologie, ruine, exposition, contre-courant, modernité, avant-garde, innovation, code, culture du monde, mondialisation, intime-public, mythologie, imaginaire
Pour aller plus loin :
Projet de Programmes d’histoire des arts, Collège, Juillet 2025
Ernst GOMBRICH Histoire de l’art, 1e édition 1950, Edition Phaidon
Régis DEBRAY, Vie et Mort de l’image. Une histoire du regard en Occident, 1992
Rosalind KRAUSS L’Originalité de l’avant-garde et autres mythes modernistes, 1985
Nicolas BOURRIAUD Esthétique relationnelle, 2001