Bilan des TRaAM 2025/2026 de l’académie d’Amiens

Face à l’essor des intelligences artificielles génératives, le groupe TRaAM de SES (2025/2026) de l’académie d’Amiens a souhaité interroger leur place dans l’enseignement sous un double angle : comment l’IA peut-elle améliorer et augmenter les gestes professionnels des enseignants pour favoriser les apprentissages ? Et comment former les élèves à un usage citoyen et éclairé de ces outils ?

Les activités produites s’organisent autour de trois axes complémentaires : l’évolution des gestes professionnels de l’enseignant, le développement des compétences disciplinaires des élèves, et l’éducation à un usage critique et raisonné de l’IA.


Axe 1 — L’IA au service des gestes professionnels de l’enseignant

Les activités produite semblent montrer que l’IA modifie en profondeur trois gestes professionnels fondamentaux : concevoir des ressources et supports, différencier les parcours et accompagner l’évaluation.

1.1 Concevoir et diversifier les supports pédagogiques

L’IA permet à l’enseignant de produire rapidement des supports variés — infographies, cartes mentales, jeux de simulation, documents multimodaux — adaptés à des notions économiques ou sociologiques précises. Elle rend accessibles des formes pédagogiques qui nécessitaient auparavant un investissement en temps considérable.

1.2 Différencier et individualiser les parcours d’apprentissage

Grâce aux agents conversationnels et aux chatbots paramétrés, l’enseignant peut concevoir des parcours sur-mesure qui s’adaptent au niveau et au rythme de chaque élève. L’IA prend en charge la remédiation immédiate ou l’approfondissement, libérant l’enseignant pour un accompagnement humain plus ciblé.

1.3 Accompagner la préparation aux épreuves et à l’évaluation

L’IA permet de créer des outils d’accompagnement méthodologique ciblés sur les épreuves du baccalauréat (EC3, dissertation, Grand Oral). Les assistants virtuels guident les élèves pas à pas dans l’élaboration d’un plan, la structuration d’une argumentation ou la recherche de sources fiables.


Axe 2 — L’IA pour développer les compétences disciplinaires des élèves en SES

Les activités mettent les élèves en position d’acteurs : l’IA n’y est pas une béquille, mais un partenaire d’apprentissage qui contraint à penser, à tester, à reformuler.

2.1 S’approprier les concepts et mécanismes économiques et sociologiques

En interagissant avec des simulations ou des chatbots disciplinaires, les élèves mobilisent le vocabulaire économique et sociologique dans des situations concrètes. L’IA crée des situations-problèmes qui forcent l’élève à éprouver — et pas seulement à mémoriser — les mécanismes du programme.

2.2 Produire, créer et structurer sa pensée

Les élèves utilisent l’IA comme un partenaire de brainstorming et de mise en forme : création d’infographies, d’expositions, de cartes mentales. Ces productions les obligent à hiérarchiser des idées, à opérer des choix argumentés et à présenter leur pensée de façon visuelle et rigoureuse.


Axe 3 — Former à un usage citoyen, critique et raisonné de l’IA

l’IA n’est pas seulement un outil, elle est aussi un objet d’enseignement.

Nous allons développer cet axe l’année prochaine pour notre deuxième année des TraAm.

3.1 Développer l’esprit critique face aux productions de l’IA

Plusieurs activités aiguisent l’esprit critique des élèves, compétence indispensable lorsqu’on utilise une IA génarative: ils doivent traquer les « hallucinations » de l’IA, vérifier les sources et confronter les données générées avec des statistiques officielles (INSEE, Banque de France). Loin de faire confiance aveuglément à la machine, ils apprennent à l’interroger et à la corriger.

3.2 Maîtriser le prompt comme compétence intellectuelle

Savoir utiliser l’IA de manière raisonnée, c’est apprendre à lui parler avec précision. Les élèves découvrent que la qualité d’une réponse dépend directement de la rigueur des instructions fournies — une discipline de pensée transférable bien au-delà de l’IA.


Conclusion

Le bilan de ces TRaAM 2025-2026 met en évidence une conviction partagée par le groupe : l’intelligence artificielle ne remplace pas l’enseignant, elle redistribue son énergie. C’est à l’enseignant de définir l’intention pédagogique qu’il va mettre en oeuvre assisté de l’IA. En automatisant certaines tâches de conception et de remédiation, elle libère du temps pour ce qui ne peut pas être délégué à une machine, l’accompagnement humain