Cette page propose de mieux comprendre les principales compétences professionnelles mobilisées dans le métier d’enseignant. Pour chacune d’elles, les attendus sont présentés de manière concrète, en croisant ce qui peut être observé en classe avec ce qui peut être explicité lors d’un entretien professionnel.
L’objectif est d’offrir des repères clairs pour mieux identifier ce qui est attendu, comprendre les différents aspects de chaque compétence et accompagner la réflexion sur les pratiques professionnelles. Ces éléments peuvent ainsi servir de support à l’observation, au dialogue, à l’autoévaluation et au développement professionnel.
I – Maîtriser les savoirs disciplinaires et leur didactique
Le professeur maîtrise les connaissances scientifiques, technologiques et disciplinaires nécessaires à son enseignement et les mobilise avec exactitude, aussi bien dans ses explications en classe que dans ses préparations et documents professionnels. Il identifie les notions structurantes, les prérequis, les liens entre les contenus et les difficultés ou conceptions fréquentes des élèves, et sait mobiliser les outils scientifiques, mathématiques et techniques utiles à l’analyse des systèmes étudiés. Il transforme ces savoirs en situations d’apprentissage accessibles et cohérentes avec les programmes ou référentiels, en définissant clairement les objectifs, les attendus, les activités, les supports, les modalités de travail, la différenciation et l’évaluation. Ses choix de systèmes, de supports et de démarches sont justifiés par leur intérêt didactique et s’inscrivent dans une progression cohérente qu’il est capable d’expliciter et d’ajuster au regard des effets constatés sur les élèves. Les outils numériques sont mobilisés lorsqu’ils apportent une réelle plus-value aux apprentissages, à l’évaluation, au travail scientifique et technique ou à la communication. Le professeur maîtrise les outils institutionnels et disciplinaires utiles, apprend aux élèves à les utiliser de manière pertinente, supervise leurs usages et prend en compte les enjeux de responsabilité numérique, de protection des données, de cybersécurité et, plus largement, de culture numérique. Il anticipe enfin les contraintes matérielles et techniques afin qu’elles ne constituent pas un obstacle aux apprentissages.
II – Utiliser un langage clair et adapté et intégrer dans son activité la maîtrise de la langue écrite et orale par les élèves
Le professeur communique de manière claire, structurée et adaptée à ses interlocuteurs, à l’oral comme à l’écrit. En classe, son vocabulaire est précis et accessible sans renoncer aux exigences du langage disciplinaire ; ses consignes sont explicites, ordonnées et formulées après avoir obtenu l’attention des élèves, leur compréhension étant vérifiée et, si nécessaire, accompagnée d’une reformulation. Son débit, son articulation, son volume et son niveau de langage facilitent la compréhension. Cette exigence de clarté se retrouve dans ses documents pédagogiques et ses écrits professionnels, ainsi que dans sa capacité à présenter et argumenter ses choix lors de l’entretien. Le professeur contribue également au développement des compétences langagières des élèves : il explicite les attendus des productions orales et écrites, propose des situations dans lesquelles les élèves doivent verbaliser, expliquer, argumenter ou produire des écrits utiles aux apprentissages, repère les imprécisions et accompagne les reformulations de manière constructive. Il fournit des retours ciblés sur la qualité et la précision de l’expression et mobilise, en fonction des besoins, des aides et supports adaptés — lexiques, modèles, exemples, grilles, outils numériques ou autres dispositifs — dont il sait expliquer l’intérêt pour les apprentissages.
III – Construire, mettre en œuvre et animer des situations d’enseignement et d’apprentissage prenant en compte la diversité des élèves
Le professeur conçoit et conduit des situations d’apprentissage cohérentes avec les objectifs visés, les caractéristiques des élèves et les processus favorisant l’apprentissage. Il choisit de façon raisonnée les démarches utilisées — investigation, résolution de problème, expérimentation, projet, explicitation ou autres approches disciplinaires — et sait en justifier la pertinence, sans appliquer une méthode de manière systématique. Ses séquences prennent en compte l’attention, l’engagement actif, la mobilisation des acquis antérieurs, le retour d’information, la mémorisation et la consolidation. La séance s’inscrit clairement dans une progression : les acquis précédents sont mobilisés, les objectifs et critères de réussite sont rendus lisibles, les étapes et consignes sont cohérentes, les supports adaptés et le temps organisé de manière à laisser une place effective à l’activité des élèves, aux échanges, aux retours et à la structuration des apprentissages. Le professeur favorise une activité intellectuelle réelle des élèves, notamment par la manipulation, l’investigation, la verbalisation, la confrontation des résultats et l’analyse des erreurs. Il ajuste le rythme, les relances et l’étayage en fonction de ce qu’il observe. Il identifie les différences de maîtrise, de rythme et de besoin, met effectivement en œuvre les aménagements nécessaires et propose des modalités de différenciation, des supports, des aides ou des degrés d’autonomie adaptés. Ces adaptations visent l’inclusion et un accès équitable aux apprentissages et aux évaluations sans diminuer les objectifs attendus ; le professeur est en mesure d’en expliquer les choix, le suivi et les effets sur la participation et les progrès des élèves.
IV – Organiser et assurer un mode de fonctionnement du groupe favorisant l’apprentissage et la socialisation des élèves
Le professeur installe un cadre de travail explicite, stable, sécurisant et respectueux qui permet une mise au travail rapide et favorise les apprentissages. Il définit des règles, des routines et des modes de régulation cohérents avec le règlement de l’établissement, prévient autant que possible les perturbations et intervient de façon explicite et proportionnée lorsqu’elles surviennent. Il sait obtenir l’attention du groupe, organiser les transitions, les déplacements et les changements d’activité et exercer une autorité respectueuse favorisant la confiance, le droit à l’erreur et le respect mutuel. Il analyse l’efficacité de ce cadre et peut le faire évoluer lorsque cela est nécessaire. L’espace et le matériel sont préparés et organisés en fonction des objectifs pédagogiques, de la circulation, de la coopération et des impératifs de sécurité ; les éventuels aléas techniques sont anticipés ou gérés sans désorganiser durablement les apprentissages. Le professeur contribue également au suivi et au bon usage des équipements. Il développe progressivement l’autonomie et la socialisation des élèves en leur confiant des responsabilités, des choix ou des rôles réels, en organisant les échanges dans le respect de la parole d’autrui et en valorisant l’entraide, la coopération et le tutorat. Lors des travaux de groupe, il veille à une participation effective des élèves, sans exclusion ni répartition stéréotypée des rôles, et régule les tensions ou conflits par des interventions adaptées privilégiant, lorsque cela est possible, l’explicitation et le dialogue.
V – Évaluer les progrès et les acquisitions des élèves
Le professeur conçoit l’évaluation comme un élément à part entière du processus d’apprentissage. Les tâches proposées, les critères retenus et, lorsque cela est pertinent, les niveaux de maîtrise sont explicitement reliés aux connaissances ou compétences visées et sont rendus compréhensibles pour les élèves. Les modalités — orale, écrite, pratique, projet ou autre — sont choisies en fonction de ce que l’on cherche réellement à évaluer et non pour la seule diversité des formats ; le temps et la fréquence des évaluations restent proportionnés aux apprentissages et à la charge de travail des élèves. Le professeur articule de façon raisonnée les fonctions diagnostique, formative et sommative de l’évaluation. Pendant les apprentissages, il recueille des indices sur les acquis, analyse les productions, les réussites, les erreurs et les obstacles et fournit des retours directement exploitables indiquant ce qui est maîtrisé, ce qui reste à travailler et comment progresser. Il conserve des traces de suivi suffisamment précises pour repérer les évolutions dans le temps et utilise ces informations pour décider d’une remédiation, d’une consolidation, d’un approfondissement ou d’un ajustement de son enseignement. Il vérifie ensuite les effets des actions engagées. Il accompagne également les élèves dans l’acquisition de méthodes de travail et, lorsque cela est pertinent, dans l’autoévaluation, la coévaluation et l’appropriation des critères, afin qu’ils puissent mieux comprendre leurs acquis et leurs progrès.
VI – Agir en éducateur responsable et selon des principes éthiques
Le professeur adopte en toutes circonstances une posture professionnelle respectueuse, maîtrisée et conforme au cadre institutionnel. Il maintient une distance professionnelle adaptée dans son langage, son attitude, son humour et ses échanges, y compris numériques, et respecte les règles de confidentialité et de protection des données relatives aux élèves, aux familles et aux personnels. Il connaît les règles de l’établissement qui concernent son activité, les applique de façon cohérente et proportionnée et veille notamment au suivi fiable des présences, à la sécurité des locaux, des équipements et des activités ainsi qu’au signalement des incidents lorsque cela est nécessaire. Il garantit un climat respectueux et inclusif, fait respecter les règles du débat lorsque des opinions s’expriment et intervient clairement face aux comportements ou propos discriminatoires, dans le respect des principes de laïcité et des valeurs de la République. Il assume également ses obligations de service : ponctualité, préparation, respect des procédures en cas d’absence, tenue régulière des outils de suivi et transmission des informations dans les délais attendus. Son action s’inscrit dans une coopération professionnelle avec les collègues, la direction et les différents services ; il communique à partir de faits, écoute les points de vue divergents, contribue utilement au travail collectif et sait exprimer un désaccord de manière argumentée et par les voies appropriées. Enfin, il entretient avec les familles une communication régulière, factuelle et compréhensible par les canaux institutionnels, prend contact lorsque la situation de l’élève le justifie et mobilise les personnels compétents lorsque la situation dépasse son propre champ d’intervention.
VII – Accompagner les élèves dans leur parcours de formation
Le professeur accompagne les élèves dans la construction progressive de leur parcours en articulant les apprentissages disciplinaires avec les compétences plus larges attendues au cours de leur scolarité. Au collège, il identifie les compétences du socle réellement mobilisées, les rend lisibles lorsque cela est utile et recueille des traces permettant d’apprécier les acquis, les progrès et les points à travailler ; il sait montrer comment les activités et évaluations contribuent au suivi des différents domaines du socle et comment ces informations sont exploitées. Son implication dans la formation des élèves peut également dépasser le strict cadre de sa discipline : il prend en compte les décisions collectives, contribue selon les besoins et les possibilités de l’établissement à des dispositifs d’accompagnement, de soutien, de tutorat ou d’ouverture éducative et participe à des projets interdisciplinaires ou transversaux lorsqu’ils répondent à une finalité pédagogique identifiée. Il contribue aussi à l’éducation à l’orientation en permettant aux élèves de mieux connaître les métiers, les secteurs professionnels, les formations et les différentes voies de poursuite d’études. Il possède une connaissance suffisamment fiable des parcours accessibles après le collège ou le lycée pour les présenter objectivement, sans hiérarchiser les voies de formation, notamment dans les domaines scientifiques, technologiques et numériques. Les actions proposées élargissent les perspectives des élèves et veillent à ne pas renforcer les stéréotypes de genre ou d’origine sociale.
VIII – S’engager dans une démarche individuelle et collective de développement professionnel
Le professeur inscrit son activité dans une démarche continue de développement professionnel fondée sur l’actualisation de ses connaissances et l’analyse de ses pratiques. Il réalise une veille scientifique, technologique, didactique et pédagogique à partir de sources fiables et est capable d’identifier des évolutions pertinentes pour son enseignement, d’en apprécier les apports et les limites et de distinguer les pratiques suffisamment étayées des effets de mode. Lorsqu’il expérimente une nouvelle pratique, celle-ci répond à un besoin ou à un objectif clairement identifié et ses effets sont analysés plutôt que l’innovation recherchée pour elle-même. Le professeur sait prendre du recul sur une séance ou une situation professionnelle, repérer les écarts entre ce qui avait été prévu et ce qui s’est réellement produit et analyser, à partir de faits ou de traces, les liens entre ses choix et leurs effets sur les élèves. Il identifie ainsi des besoins de formation et des pistes d’amélioration réalistes, et sait montrer comment il a tenu compte des retours professionnels en expliquant ce qu’il a testé, adapté, conservé ou abandonné. Sa stratégie de développement peut s’appuyer sur des formations, l’observation, l’autoformation, des groupes de travail, des ressources ou des certifications, avec une attention portée au réinvestissement effectif dans la pratique. Enfin, il contribue au développement collectif en partageant lorsque cela est utile des ressources, analyses ou expériences et en s’engageant dans des formes concrètes de co-construction, de mutualisation, d’analyse de pratiques ou de suivi partagé.