SUZANNE NOËL

Suzanne Noël est l’une des deux Picardes, avec Alice Mathieu-Dubois (Sollier), dont le nom a été honoré dans le cadre d’une initiative de la Ville de Paris pour inscrire 72 femmes scientifiques et médecins sur la tour Eiffel.

Genèse du projet Suzanne Noël

Le projet sur Suzanne Noël est né à l’écoute d’une émission de radio publique bien connue. Au détour d’un questionnaire posé par l’animateur, le nom de Suzanne Noël a surgi. Ce nom a éveillé ma curiosité et, après quelques recherches, j’ai découvert ses origines laonnoises.

Force est de constater que cette femme illustre restait peu mise en avant dans sa ville natale et demeurait assez méconnue notamment par les élèves. Parallèlement, dans le cadre de la préparation de la rentrée suivante, je venais de recevoir un mail de l’École supérieure de journalisme de Lille (ESJ) proposant des ateliers podcasts. Ces ateliers m’intéressaient et je venais d’en trouver le sujet idéal : Suzanne Noël.

Sa vie traversait le programme d’Histoire de la classe de première baccalauréat professionnel que je devais avoir en charge. Le programme s’articule autour de deux thèmes qui trouvent un écho particulier dans le parcours de Suzanne Noël : « Hommes et Femmes au travail en France métropolitaine et dans les colonies françaises : XIXe siècle – 1ère moitié du XXe siècle » et « Guerres européennes, guerres mondiales, guerres totales (1914-1945) ».

Mise en œuvre du projet

L’idée était, dans le cadre d’un chef-d’œuvre avec une classe de première Accompagnement, Soins et Services à la Personne (30 élèves), de réaliser des podcasts sur Suzanne Noël, une femme à la vie et au parcours exceptionnels pour l’époque à laquelle elle a vécu. Le choix de cette classe ne s’est pas fait par hasard : composée à 95 % de filles dont la plupart se destinent à devenir aide-soignante ou infirmière, le parcours de Suzanne Noël revêtait pour elles une signification particulière.

En amont du projet, j’ai pris contact avec Mariel Hennequin, président de la jeune association Suzanne Noël chirurgienne, féministe, laonnoise (fondée en 2023). Il a accueilli le projet avec enthousiasme. Il travaille au sein de l’association avec François Denoncin, membre et fils du filleul de Suzanne Noël, qui possède de nombreuses archives sur cette dernière. J’ai également contacté les Soroptimist, mouvement importé en France par Suzanne Noël.

Déroulement pédagogique

En début d’année scolaire, François Denoncin et Mariel Hennequin sont venus durant deux heures présenter la vie de Suzanne Noël aux élèves.

Pour la dimension journalistique du projet, les élèves ont travaillé avec Théo Sire, journaliste, à l’écriture de podcasts dans le cadre de trois ateliers de 3 heures proposés par l’École supérieure de journalisme via le pass Culture et la plateforme Adage.

Le premier travail mené lors de ces ateliers a consisté à se familiariser avec le format podcast, puis à identifier différents angles pour traiter la vie de cette pionnière de la chirurgie esthétique. Six grandes thématiques ont ainsi émergé. La classe a été divisée en six groupes qui se sont réparti les thématiques. Est ensuite venu le temps de la recherche et de la collecte d’informations. Le journaliste a demandé aux élèves d’intégrer dans leurs podcasts au moins une interview.

Début 2024, ils ont procédé à l’enregistrement des témoignages. Les témoins sollicités ont été Christine Dagain, membre du Soroptimist France, Mariel Hennequin et François Denoncin.

Valorisation du projet

Au fur et à mesure de l’avancée du projet, s’est posée la question de la valorisation des podcasts des élèves. Nous avons eu l’idée de les intégrer, via des QR codes, à une exposition de six panneaux reprenant les thématiques des podcasts.

Une autre idée a germé : donner à un espace du lycée le nom de Suzanne Noël. Après réflexion avec le chef d’établissement, nous nous sommes arrêtés sur la chapelle du lycée, un lieu jamais consacré mais qui avait gardé ce nom depuis longtemps. François Denoncin fut enchanté par l’idée et l’association fit don au lycée d’une mosaïque qui orne désormais le parloir, une salle de réunion de l’établissement.

Il restait à inaugurer l’exposition et ce lieu, ce qui fut fait le 8 novembre 2024 en présence des représentants de la mairie, de l’association Suzanne Noël, du Soroptimist FranceFa et de l’académie.

En 2025, l’Institut de Formation en Soins Infirmiers de Laon a pris le nom de Suzanne Noël et, dans l’assemblée des élèves-infirmiers présents à cette occasion, se trouvaient trois jeunes filles ayant participé au projet. La boucle était bouclée. L’exposition continue sa route. Elle a été présentée dans un collège de Laon, au Rectorat d’Amiens et dans un autre lycée laonnois.

Fabien MELANIE

PLP Lettres-Histoire, Lycéee professionnel Julie Daubié

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