Ce site se veut un lieu de réflexion et d’échanges avec les Hypokhâgneux. Reynald André CHALARD est professeur de Lettres supérieures au lycée Pierre d’Ailly de Compiègne. Organisateur et animateur de deux cycles de conférences, LES RENCONTRES DE PIERRE D'AILLY ainsi que LES LUNDIS DE PIERRE D'AILLY, il enseigne également la littérature aux spécialistes de Lettres modernes en Khâgne (Première supérieure)

Poésie : conseils et références pour le concours blanc du mardi 19 mai : cours, corrigé de dissertation, anthologie (méta)poétique, dossier sur le mythe d’Orphée et autres fiches, lecture de Guillevic (+corpus khôlles), conférences, films et musique…

Charles Baudelaire.

Entre 1854 et 1860.

Félix Nadar/Hervé Lewandowski/ (c) RMN-Grand Palais(Musée d’Orsay). Détail.

CONFÉRENCE D’YVES BONNEFOY : « LA PAROLE POÉTIQUE » (2000).

(on peut en retrouver le texte dans Le Siècle où la parole a été victime, Mercure de France, 2010, pp. 191-212.)


Camille Saint-SaënsLa Muse et le Poète, Op. 132, en mi mineur pour violon (la Muse), violoncelle (le Poète) et orchestre (1910).

Alfred de Musset :

La Nuit de mai (1835)

LA MUSE

Poète, prends ton luth et me donne un baiser ;

La fleur de l’églantier sent ses bourgeons éclore,

Le printemps naît ce soir ; les vents vont s’embraser ;

Et la bergeronnette, en attendant l’aurore,

Aux premiers buissons verts commence à se poser.

Poète, prends ton luth, et me donne un baiser.

LE POÈTE

Comme il fait noir dans la vallée !

J’ai cru qu’une forme voilée

Flottait là-bas sur la forêt.

Elle sortait de la prairie ;

Son pied rasait l’herbe fleurie ;

C’est une étrange rêverie ;

Elle s’efface et disparaît.

LA MUSE

Poète, prends ton luth ; la nuit, sur la pelouse,

Balance le zéphyr dans son voile odorant.

La rose, vierge encor, se referme jalouse

Sur le frelon nacré qu’elle enivre en mourant.

Écoute ! tout se tait ; songe à ta bien-aimée.

Ce soir, sous les tilleuls, à la sombre ramée

Le rayon du couchant laisse un adieu plus doux.

Ce soir, tout va fleurir : l’immortelle nature

Se remplit de parfums, d’amour et de murmure,

Comme le lit joyeux de deux jeunes époux.

LE POÈTE

Pourquoi mon coeur bat-il si vite ?

Qu’ai-je donc en moi qui s’agite

Dont je me sens épouvanté ?

Ne frappe-t-on pas à ma porte ?

Pourquoi ma lampe à demi morte

M’éblouit-elle de clarté ?

Dieu puissant ! tout mon corps frissonne.

Qui vient ? qui m’appelle ? – Personne.

Je suis seul ; c’est l’heure qui sonne ;

Ô solitude ! ô pauvreté !

(…)


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