
Portrait de Rimbaud (détail) dans Coin de table, d’Henri Fantin-Latour, 1872.
Œuvres complètes, Arthur Rimbaud : Plan du cours donné en classe.
TRAVAUX : les références renvoient à l’édition de Jean-Luc Steinmetz, GF-Flammarion, 2010. Des éclaircissements sur ce programme seront donnés en classe, de même que des points précis pourront en être modifiés ou reformulés.
1. Afin de préparer la réflexion sur le documentaire-fiction de Richard Dindo, Arthur Rimbaud, une biographie (1991), veuillez relire en particulier les textes suivants : a) Une saison en enfer, pp. 201-202 ; b) « Les Etrennes des orphelins », pp. 13-17 ; c) « Les Poètes de sept ans », pp. 112-114 ; d) « Sensation », p. 37 ; e) « Roman », pp. 41-42 ; f) Lettre A Théodore de Banville (24 mai 1870), p. 20-28 ; g) Lettres A Georges Izambard (25 août, 5 septembre et 2 novembre 1870) ; h) « Mémoire », pp. 157-159 ; i) »Ma bohème », p. 62 ; j) Lettre A G. Izambard (13 mai 1871), pp. 91-93 ; k) Une saison en enfer (« Mauvais sang »), pp. 203-209 ; l) Une saison en enfer (« Délires I »), pp. 215-219 ; m) Une saison en enfer (« L’Impossible »), pp. 229-231 ; n) Illuminations (« Vies »), pp. 262-263 ; o) Illuminations (« Enfance »), pp. 256-259 ; p) « Paris se repeuple », pp. 103-105 ; q) « Les Déserts de l’amour », pp. 182-184 ; r) « Le Bateau ivre », pp. 130-133 ; s) « Vers nouveaux », « Qu’est-ce pour nous… »), pp. 156-157 ; t) « Vers nouveaux », « Fêtes de la patience », pp. 166-171.
(…)
15. Exposé : Quels auteurs postérieurs à Rimbaud, de Proust à Jim Morrison, ont été marqués par son œuvre ? Expliquez le problème posé par les conséquences de sa poétique (notamment ce désir de « poésie objective ») et donnez des exemples précis : ou comment ces auteurs se sont réappropriés l’œuvre de Rimbaud : symbolistes, surréalistes, Francis Ponge, Henri Michaux, André Du Bouchet, Yves Bonnefoy.
Bibliographie (L’astérisque* signale un poète, un romancier, un écrivain):
– Yves Bonnefoy*, Notre besoin de Rimbaud, Le Seuil, 2009.
– André Breton*, Flagrant délit : Rimbaud devant la conjuration de l’imposture et du trucage 1949, O. C., La Pléiade, Gallimard, t. 3, p. 790-834.
– Pierre Brunel, Arthur Rimbaud ou l’éclatant désastre, Champ Vallon, 1983.
– Pierre Brunel, Rimbaud Projets et réalisations, Champion, coll. Unichamp, 1983.
– Pierre Brunel, Rimbaud, Le Livre de Poche, coll. Références / Littérature, 2002.
– Albert Camus*, L’Homme révolté 1951, O. C., La Pléiade, Gallimard, t. 3, p. 130-144.
– René Char*, « Arthur Rimbaud », Recherche de la base et du sommet, O. C., La Pléiade, Gallimard, p. 727-734.
– Paul Claudel*, « Rimbaud », Œuvres en prose, La Pléiade, Gallimard, p. 514-521.
– Dominique Combe, Poésies, Une saison en enfer, Illuminations d’Arthur Rimbaud, Gallimard, coll. Foliothèque, 2004.
– Hugo Friedrich, Structure de la poésie moderne 1956 Le Livre de Poche, 1999, p. 79-131.
– Jean-Marie Gleize, Arthur Rimbaud, Hachette, 1994.Universitaire qui a aussi une œuvre de poète.
– André Guyaux, Duplicités de Rimbaud, Champion-Slatkine, 1991.
– Jean-Jacques Lefrère, Arthur Rimbaud, Fayard, 2001. Biographie de Rimbaud.
– Michel Murat, L’Art de Rimbaud, Corti, 2002, p. 13-225.
– Georges Poulet, La Poésie éclatée, PUF, 1981, p. 85-165.
– Jean-Pierre Richard, « Rimbaud et la poésie du devenir », Poésie et profondeur, Le Seuil, 1955, coll. Points, p. 189-250.
– Jean-Luc Steinmetz, Arthur Rimbaud, une question de présence, Taillandier, 1991. Biographie de Rimbaud.
André Dhôtel, Rimbaud et la révolte moderne, « Le Problème », La Table ronde, 2004, pp. 22-23. (Première publication avec ce titre en 1952, aux éditions Gallimard).
Ce texte vous est proposé pour nourrir votre réflexion sur un des aspects du « mythe de Rimbaud » : la Révolte. On peut y ajouter, extrait de L’Homme révolté, d’Albert Camus, le début du chapitre intitulé « Surréalisme et Révolution », qui évoque brièvement le cas Rimbaud. Un exposé est prévu la semaine prochaine sur ce thème.
« L’histoire de Rimbaud est connue. Il abandonna les études qu’il avait commencées au collège de Charleville, et quitta à plusieurs reprises une ville où il avait pris en haine les règles de la vie provinciale. Sa mère, attachée à des principes d’éducation inflexibles, avait voulu le maintenir dans le devoir avec trop de rigueur. Rimbaud voyagea sans argent. Il mena une vie troublée qui ne fut pas souvent adoucie par la confiance qu’il avait dans son talent d’écrivain. Peu de gens à Paris s’intéressèrent vraiment à ses poèmes. Il ne se trouva personne pour lui donner ce « peu de confiance » qui aurait peut-être modéré le tourment de son intelligence. Rimbaud continua à vivre en révolté, sans se soucier de respecter les conventions admises, puisqu’il sentait de grands espoirs lui échapper.
Il voyagea encore, et partit pour l’Angleterre, accompagné de Verlaine, avec lequel il entretint des rapports que nos mœurs condamnent. Il écrivait peu, sinon quelques poèmes qui achevèrent de composer le petit ouvrage Illuminations. Lorsque Rimbaud revint à Roche, près d’Attigny, dans la ferme de ses parents, il pouvait se considérer comme un médiocre petit-bourgeois, égaré dans de stupides aventures, paresseux et inutilement révolté. Il avait dix-huit ans. Le souvenir d’une jeune fille aimée, puis perdue lui restait, si l’on en croit de vagues témoignages. Aucun point de repère ne lui permettait de parvenir à connaître clairement la force de son esprit. Aussi chercha-t-il un moyen de salut désespéré en faisant une grande œuvre pour laquelle il avait déjà, en Angleterre, écrit quelques brouillons. Quand il eut achevé cette Saison en enfer, il renonça à composer de nouveaux ouvrages. Il ne montra même plus aucun goût pour ce que nous nommons la littérature. Après de nouveaux vagabondages, il parvint à obtenir un emploi convenable au service d’une maison de commerce d’Aden.
Voilà en peu de mots ce que fut autrefois la vie de Rimbaud. Elle est aujourd’hui devenue plus merveilleuse.
Je voudrais mener cette étude en négligeant une gloire venue trop tard, et ne songer qu’à un jeune provincial sans ressources, qui maudit sa vie et dont la pensée possède encore la fraîcheur des certitudes que le monde ignore.
Lorsque Rimbaud se présente à nous tel qu’il fut à ce moment où il ne pouvait prétendre éblouir personne par ses écrits bizarres, nous nous demandons s’il n’était pas à la recherche d’une vérité curieuse, étrangère à notre esprit. A mesure que nous lisons ce qu’il nous a laissé, la conviction se fait. Certaines phrases ressemblent à des fragments d’une correspondance hâtive, ou même à des aperçus d’expériences qu’il aurait simplement notés. »