
Fantin-Latour, Coin de table (1872).
De gauche à droite : Paul Verlaine, Arthur Rimbaud, Elzéar Bonnier, Léon Valade, Emile Blémont, Jean Aicart, Ernest d’Hervilly, Camille Pelletan.
Photo (C) RMN-Grand Palais (musée d’Orsay) / Hervé Lewandowski
POUR LES RÉVISIONS :
Outre les cours et le corrigé mentionnés ci-dessus, se reporter aux différents billets, sur ce blogue, qui proposent des textes et des documents sonores : notamment le billet du 23 avril 2015 et celui du 1er mars de la même année, entièrement consacré à la poésie de Nerval.
Réfléchir sur les quelques thèmes suivants et collecter des citations commentées qui leur correspondent :
- Poésie et Poème (inspiration, art poétique, travail du poète, formes poétiques : chanson, élégie, ode, sonnet, rondeau, ballade, etc.)
- Poésie et Nature (le monde, les paysages, les éléments, la vie)
- Poésie et Temps (souvenir, nostalgie de l’enfance, nostalgie des origines)
- Poésie et Révolte (poésie et société, notion problématique d’engagement, poésie et politique, présence de l’Histoire)
- Poésie et Amour (lyrisme amoureux, l’être aimé, son visage, sa présence, son absence)
- Poésie et Mal de vivre (souffrance existentielle, exil, solitude)
- Poésie et Transcendance (Dieu, religion, mystère, poésie comme prophétie)
- Poésie et Mort (finitude, deuil, désespoir, néant)
- Poésie et Quotidien (choses, matières, objets, simplicité, vie de tous les jours)
- Poésie et Mythe (notamment Orphée, Prométhée, mais aussi Icare, Narcisse, Psyché…)
Arthur Rimbaud, six mois en enfer | Documentaire | ARTE
Nourrie des flammes de la fête, comme de l’idylle naissante avec Verlaine, la poésie de Rimbaud connaît une fièvre majeure en 1871, lors d’un séjour à Montmartre. Enquête électrique et sensuelle dans le Paris de l’après-Commune.
Coutumier des fugues à Paris, qu’il a découvert sous état de siège par les armées prussiennes à l’été 1870, Arthur Rimbaud, tout juste âgé de 17 ans, délaisse à nouveau ses Ardennes natales pour gagner l’émulation de la capitale un an après. Il a fait parvenir l’un de ses textes au poète parnassien Théodore de Banville et vient de débuter une correspondance avec Paul Verlaine. « Venez, chère grande âme, on vous appelle, on vous attend ! », lui souffle dans une lettre le poète, de dix ans son aîné. L’adolescent parcourt les bouillonnantes ruelles de la butte Montmartre, autant que ses lieux de perdition, aux côtés de son nouvel ami qui l’héberge gracieusement. Ses poèmes se trouvent bientôt parcourus d’une transe nouvelle, qui intrigue les poètes du Parnasse. Lors du dîner mensuel de ce mouvement relativement jeune, fin septembre 1871, Rimbaud déclame les 25 quatrains d’alexandrins de ce qui demeurera l’un de ses poèmes les plus célébrés, « Le bateau ivre », et sidère l’assemblée. Mais derrière la maestria de cette « beauté du diable », selon Verlaine, couve un feu prêt à dévorer Paris, sans possible retour en arrière.
Déambulation ardente
Avec une remarquable recherche formelle, ce documentaire parvient à faire transpirer la poésie de Rimbaud via une foule de trouvailles visuelles. Grande habituée du fonds de l’Institut national de l’audiovisuel (INA), Flore-Anne d’Arcimoles y a puisé – comme au sein de nombreuses cinémathèques – des archives où résonnent les entrailles de Paris et où crépite encore le feu de la Commune, soulèvement si cher au jeune poète. Si seules de rares photographies détaillent son visage, l’ardeur du montage et d’une bande originale survoltée participe à convoquer sa présence, qu’accompagnent, inspirées, la voix de Zaho de Sagazan pour la lecture des poèmes de l’éternel adolescent, et celle de Félix Moati pour le commentaire. Au gré d’aplats de couleurs vives et d’effets psychédéliques, la chanteuse et le comédien s’emparent de strophes enfiévrées, autant d’extraits de poèmes pénétrés par ces six mois frénétiques et passionnels que vécut l’incandescent Rimbaud à Paris.
Arthur Rimbaud, six mois en enfer Documentaire de Flore-Anne D’Arcimoles et Grégoire Kauffmann (France, 2025, 52mn)
Source de ce texte : ARTE.