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Brutalisation

Concept introduit par l’historien George Mosse.
D’origine juive allemande, George Mosse s’est exilé aux Etats-Unis lors de la montée du nazisme.
Il introduit le concept de brutalisation dans son livre Fallen Soldiers…, paru en 1990, traduit en français sous le titre de De la Grande Guerre au totalitarisme.
Le concept de brutalisation correspond à l’idée que l’extrême violence expérimentée pendant la Première Guerre a eu des répercussions sur la société d’entre-deux-guerres, qu’elle a engendré la violence politique et sociale : elle serait à l’origine de la victoire des nazis.
La brutalisation a particulièrement touché les pays vaincus comme l’Allemagne mais aussi l’Italie avec le sentiment de frustration ressenti à la fin de la guerre. Cette violence, au lieu de se tourner vers l’ennemi extérieur s’est tournée vers l’ennemi intérieur.
Elle se manifeste par l’indifférence à l’égard de la mort de masse, la violence dans la vie quotidienne, le durcissement des comportements agressifs dans la vie politique.
Cette brutalisation vient renforcer le mythe de la virilité, l’idée que la guerre a crée un homme nouveau, une « race d’acier ». C’est ce mythe de la guerre ainsi idéalisé qui est repris et exploité par l’extrême droite pendant l’entre-deux-guerres.
La brutalisation s’exerce aussi par le langage, par l’utilisation des stéréotypes, la banalisation de la violence. Les juifs sont ainsi directement désignés comme le nouvel ennemi à abattre au même titre que les bolchéviks. Ainsi se perpétue l’idée d’une guerre permanente qui favorise l’arrivée des nazis au pouvoir.
Ce concept a été repris par l’historiographie récente, notamment les historiens de la Première Guerre mondiale autour de l’Historial de Péronne comme Stéphane Audoin-Rouzeau et Annette Becker qui se sont davantage intéressés aux violences guerrières dans le cadre d’une « culture de guerre ». Mosse, quant à lui, analysait plutôt les conséquences politiques dans l’entre-deux-guerres.
Bibliographie
- George Mosse, La Brutalisation des sociétés européennes. De la Grande Guerre au totalitarisme, Hachette littérature, 2000
- Stéphane Audouin-Rouzeau, Annette Becker, Christian Ingrao, Henry Rousso (dir.), La violence de guerre 1914-1945, Editions Complexe, 2002
- « 1914-1918. Victoire et désastre », L’Histoire, n° 225, octobre 1998
- « Vivre et mourir au front », L’Histoire, n° 249, décembre 2000
l’équipe de formation continue collège
Articles de cet auteur
Forum
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> 2. Brutalisation17 janvier 2006, par Hirsch Jean-Pierrre
Le programme précise qu’il faut traiter de l’exacerbation de la lutte droite/gauche dans la France des années 1930. Cette exacerbation est-elle réelle pour la gauche au moment où le parti communiste rentre dans le jeu politique, conclut une alliance sur sa droite et cesse officiellement d’être un parti révolutionnaire ; au moment où le programme de front populaire renvoie dans un avenir éloigné toute transformation sociale. A droite, la question est différente. On assite à un fascisme français, réalité que les historiens français du politique refusent d’admettre. (Voir Annie Collowald,Le populisme du FN,un dangeruex contresens, Broissieux, 2004, p. 26-32) Il faudra dégager tous les présupposés idéologiques de ce programme.
